La révolution verte promise par le Grenelle de l’environnement permet d’espérer 530 000 emplois. La formation ne suit pas.
D’ici à 2020, quelque 440 milliards d’euros devraient être investis dans le développement durable et les économies d’énergie. Selon le ministère du Développement durable, ce plan générera
530 000 emplois.
Des secteurs bien particuliers en bénéficieront :
Le bâtiment. État, collectivités locales, entreprises, particuliers… Les acteurs du développement durable sont multiples. Et les programmes concernant le bâtiment absorberont à eux seuls 205 milliards d’euros, dont 192 pour la rénovation thermique. Ces milliards devraient permettre de créer et de préserver quelque 235 000 emplois, dans un secteur durement touché par la crise.
L’objectif est de réduire d’au moins 38 % la consommation d’énergie dans les bâtiments existants d’ici à 2020. Du coup, 800 000 logements privés seront rénovés entre 2009 et 2013, puis 400 000 autres à partir de 2013, ainsi que la totalité du parc de logements sociaux.
Les énergies renouvelables. Porter les énergies renouvelables à 23 % minimum de la consommation d’énergie en 2020 (objectif européen) mobilisera 115 milliards d’euros dans les dix ans. Et générera 220 000 emplois.
Selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) les secteurs de l’éolien, du solaire et de la biomasse employaient 52 300 personnes en 2007 (hors énergie hydraulique). Pour atteindre les prévisions du Grenelle, il faudrait 67 200 emplois supplémentaires dans les trois ans à venir.
Les transports. Les investissements devraient s’élever à 97 milliards d’euros et générer 80 000 emplois. Le réseau TGV sera doublé. Le canal Seine-Nord-Europe sera lancé. Le fret « innovant » encouragé.
Le traitement des déchets. Le Grenelle a prévu de réduire le poids des déchets ménagers (360 kg par an par habitant), de 5 kg par an, par foyer, pendant 5 ans. La part des déchets recyclés passerait, elle, de 24 % actuellement à 35 % en 2012, puis à 45 % en 2015. L’industrie de l’eau et des déchets emploie 180 000 personnes.
Manque de professionnels formés. D’après une étude d’Actu-Environnement, ce développement ambitieux pourrait bien être entravé par un manque de main-d’oeuvre qualifiée. D’ici à 2020, il faudrait quelque 10 000 enseignants pour former des professionnels dans des filières adaptées : solaire, éolien, chaufferies à bois, pompes à chaleur…