Première étape : le passage auprès des étudiants-tuteurs. Incontournable pour savoir « comment ça marche la fac ».
jeudi 09 juillet 2009
Les nouveaux bacheliers déjà en route pour la fac
Le bac, c'est déjà du passé ! Dès hier, les nouveaux bacheliers ont filé sur le campus pour le premier jour des inscriptions. Elles se poursuivent jusqu'au 24 juillet.
« Le système informatique est bloqué. C'est la fac ! » Julia, 22 ans, vient de se taper plus d'une heure dans la file d'attente, mais ça ne lui enlève pas son sourire. Après un an de mise à niveau en Arts appliqués, la jeune fille, vient s'inscrire en 1re année d'Histoire de l'art. Elle a une formation « tapissier d'ameublement » et un bac pro. « Je m'y suis prise trop tard pour les inscriptions en école d'art, dit-elle. Alors j'ai choisi la fac. L'histoire de l'art, ça m'a toujours tenté. » Plutôt impatiente d'arriver sur le campus. « J'ai besoin de liberté ! Je pense que je vais en avoir, ici. Et il y a plein de monde, plein de vie. Ça me plaît. »
Sa première impression en ce jour d'inscription ? « C'est long ». Plus rien à voir, pourtant, avec les longues files d'attente d'il y a quelques années. Aujourd'hui, chaque bachelier, passé par le dispositif d'inscription post-bac sur internet a reçu une convocation et imprimé son dossier d'inscription. Un gain de temps, quand les imprévus de « bug » informatique ne s'en mêlent pas...
« L'impression de devenir adulte »
Le parcours est bien cadré. Avant toute chose, passage auprès des tuteurs-étudiants auprès de qui s'informer du contenu des cours, des options. Comme Julie, qui vient de terminer sa 4e année de psycho. « Moi, quand je me suis inscrite la première fois, j'étais toute seule, se souvient-elle. Fallait se débrouiller pour savoir si on avait bien tous les papiers, faire la queue, revenir parce qu'il y avait toujours quelque chose d'oublié... Et pas d'étudiants à qui parler pour se renseigner. On n'avait pas trop d'idée sur ce qui nous attendait. On plongeait dans le flou. Au moins, maintenant, on est là pour les aiguiller. »
De quoi enlever un peu de stress. Pas inutile. « Ça fait un peu peur, avoue Florian, 17 ans, qui vient de décrocher un bac ES à Pornic. Prendre des notes, les cours en amphi... J'étais dans un petit lycée. C'est impressionnant, quand même. » Il s'inscrit en LEA (Langues étrangères appliqués), tenté par les métiers de commercial export. Il s'est renseigné sur le contenu des cours. « Il y a pas mal d'éco, ce n'est pas ce que je préfère. La gestion, l'informatique, je ne connais pas trop ». Il a hâte quand même. « J'ai l'impression de devenir adulte. » D'autant qu'il va aussi vivre seul. « Un grand changement, apprécie-t-il. L'indépendance ! » Sa maman, qui l'accompagne, est moins rassurée. En tête, les blocus de ces dernières années, les mois sans cours. « J'aurais préféré un BTS par alternance. Il m'a dit : « Ne t'inquiète pas ». On verra bien. » Elle plaisante : « Je n'ai pas dit mon dernier mot. »
Ils sont nombreux comme elle, à accompagner les futurs étudiants pour leur premier pas à la fac. Quand ce ne sont pas les parents qui viennent seuls. « J'en ai vu plusieurs qui répondaient à la place de leurs enfants, s'étonne un tuteur de la fac de Droit. Et même une mère, qui a choisi les options pour son fils ! ». Pas de panique : il pourra toujours changer à la rentrée.
Yasmine TIGOÉ, Ouest-France