La commission de concertation sur la jeunesse, présidée par le haut commissaire Martin Hirsch, devait boucler mardi son Livre vert, destiné à refonder la politique en faveur des 16-25 ans, en s'attaquant aux thèmes essentiels de l'emploi et des ressources des jeunes.
Après trois mois et demi de concertations, les quelque 80 membres, parmi lesquels figurent des syndicalistes, des responsables d'associations, des parlementaires, se sont réunis mardi et poursuivaient les débats en début de soirée, dans l'espoir d'achever le Livre vert.
Ce document, qui devrait être rendu public dans les jours qui viennent, compilera une cinquantaine de propositions couvrant l'ensemble des problématiques touchant les jeunes.
L'objectif de la commission, pour cette séance, était de trouver un consensus sur les thèmes cruciaux des ressources des jeunes et de l'emploi.
Les
16-25 ans sont aux premières loges de la crise, comme le montrent les statistiques : leur taux de chômage qui a atteint au premier trimestre 2009 22,7% en métropole et 23,5% avec les départements d'outre-mer, est presque trois fois supérieur à celui des 25-49 ans.
La commission devrait préconiser de doubler les
contrats en alternance d'ici 2015, pour atteindre 1,2 million de contrats par an, selon une synthèse rassemblant les principales préconisations, sur laquelle les membres de la commission étaient invités à débattre mardi, et que l'AFP a pu se procurer.
Elle suggère en outre d'"
encourager la transmission entre seniors et juniors", avec un tutorat entre un employé senior qui anticipe un départ en retraite et un jeune recruté devant le remplacer.
Sur la question des ressources, la commission devrait plancher sur "
un RSA jeune", pour permettre aux jeunes qui travaillent mais ont des revenus modestes de ne pas être exclus de cette prestation.
Martin Hirsch est favorable à "
une dotation autonomie". Le jeune toucherait une fois à ses 18 ans une somme qui s'élèverait au maximum à 4.000 euros, ce qui représenterait un total de 1,6 milliard d'euros, a-t-on appris auprès d'une source au sein de la commission.
Cette somme serait en partie attribuée en fonction de conditions de ressources ; il y aurait également une partie universelle et une autre remboursable.
Ces ressources permettraient d'inciter les jeunes, à remplir par exemple des obligations de
formation, selon cette source.
Par ailleurs, l'
orientation, étudiée précédemment par la commission, apparaît comme un autre point essentiel du Livre vert. "Le système d'orientation doit être revu de fond en comble", selon la synthèse qui préconise "un service public de l'orientation connecté à l'école mais pas dépendant de l'éducation nationale".
Chaque année, quelque 120.000 jeunes âgés de 16 à 18 ans décrochent du système. Outre une meilleure orientation, il est question de porter à 18 ans l'obligation de prise en charge des jeunes, contre 16 actuellement. Mais cela ne serait pas nécessairement dans un cadre scolaire.
Objectif affiché : qu'il n'y ait pas un seul jeune entre 16 et 18 ans auquel l'Etat n'ait proposé une solution, de formation par exemple ou de préparation à l'insertion dans la vie active.
Une fois le Livre vert rendu public, le débat sur ces thèmes pourrait se poursuivre pendant plusieurs semaines, au-delà de la commission. Selon la synthèse, le Livre vert pourrait aboutir à une loi d'orientation et de programmation.
Ces réformes seraient expérimentées sur une période de trois ans avant d'être généralisées.
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